Allez, ça y est, j’ai trouvé un thème hyper original à deux jours du solstice d’été : la fête de la musique ! Wahouu, génial, quelle innovation, du jamais fait Mel, on y croit tous. En fait je regardais la pub sur France 2 (oui, seule la pub est potable sur cette chaîne, je zappe lorsque les émissions font leur apparition) quand l’auto-promotion de la soirée de mercredi est venue polluer ma réclame pour le déodorant. Premier choc : Daniella Lumbroso ne nous fera pas la grâce de sa culture cette année ; et second choc : nous sommes déjà fin juin ! Mon calendrier mental restait encore péniblement coincé au mois de janvier, telle une octogénaire je ne me rends même plus compte du temps qui passe. 21 juin … déjà … Pfff ! La plupart d’entre vous s’apprêtent à « pousser le bouton du vooOOoolummmmme au MAXimum, est-ce que vous mettez le why ce soir ? » … Et bien moi pas du tout ! Je vais encore en étonner plus d’un (quoique maintenant vous êtes habitués à ma marginalité grandissante) mais la fête de la musique me tape sévèrement sur le système.
Déjà, je dénonce le totalitarisme festif. Il paraît inconcevable de ne pas vouloir sortir s’amuser pour « fêter la musique ». Les gens me regardent avec des yeux ronds, comme si j’affichais un immense bout de salade verte entre les dents. Non non non, je veux juste rester chez moi tranquillement, et au Moyen-âge mes collègues m’auraient certainement faite brûler par monseigneur Jack Langdepute pour une telle hérésie, seule une vilaine sorcière s’éloigne volontairement de la foule, je dois forcément cacher un mystérieux secret. Franchement, « fêter la musique » … Mais quelle connerie ! Je propose de fêter l’image, fêter le ciel, fêter la pluie, fêter les enfants, fêter les vieux … J’ai l’impression de me retrouver dans Globalia (de Jean-Christophe Rufin, disponible chez Gallimard pour la modique somme de 21 euros, rayon 23 à
D’ailleurs, en temps normal, je n’écoute pas de chansons, ou rarement celles qui passent à la radio ou sur MTV. En plus, selon cette France artistiquement élitiste, j’écoute de la merde, du soi-disant « commercial », sachant qu’il vaut mieux s’exploser les oreilles avec du « underground » pour être top tendance. J’aime bien Shakira, les tubes des années 80, Nirvana, Offspring, Mano Negra, Lilicub, David et Jonathan, Sabine Paturel, … (non, ce n’est pas une blague). Le dernier CD que j’ai acheté remonte à 1994 et s’intitule « Happy Nation » (Ace of Base). Je l’avais eu pour moins cher à Londres mais bizarrement après ça, je n’ai plus jamais pénétré la devanture d’un magasin de disques. Je possède bien quelques MP3 sur mon disque dur, téléchargés légalement (on y croit tous), mais je me lasse très vite. Pour tout vous dire, en ce moment, le morceau que j’écoute en boucle s’appelle « Sex around the barbecue », euphoriquement interprété par Cyrille de Lasteyrie aka Vinvin, Miss blablabla et Catherine Barba, tout trois respectivement directeur associé d’une agence de communication spécialisée dans les hautes technologies, avocate (je crois) et présidente de cashstore.fr (que du beau monde les enfants, je sais que cela n’a rien à voir avec l’article mais leur CV me laisse rêveuse). Bref, j’aime le grand n’importe quoi humoristique, décalé et saccagé par les voix de non professionnels ayant le mérite de s’éclater. C’est pourquoi « Viens boire un ptit coup à la maison » restera toujours comme le merveilleux souvenir de ma première cassette audio déniché à l’Euromarché de Sartrouville : le goût reste une affaire de gènes, mes parents ayant toujours été fans de Pierre Bachelet et Daniel Guichard, il m’aurait fallu réaliser une sacrée révolution intérieure pour adorer Radiohead ou Smashing Pumpkins, les chiens ne font pas des chats.
Je termine cet article totalement déstructuré, tel un couplet de Jean-Pierre Sauzer, par ces poétiques paroles dignes d’un Baudelaire ou d’un Gérard de Suresnes et reflétant au diapason mon état d’esprit du moment:
Je suis un être à la recherche
Non pas de la vérité
Mais simplement d'une aventure
Qui sorte un peu de la banalité
J'en ai assez de ce carcan
Qui m'enferme dans toutes ses règles
Il me dit de rester dans la norme
Mais l'on finit par s'y ennuyer
Alors je cherche et je trouverai
Ce garçon qui me manque tant
Alors je cherche et je trouverai
Ce garçon qui me tente tant
Qui me tente taaaant aaan aaann
Partenaire particulière
Cherche partenaire particulier
Débloqué, un peu timide
Et une bonne dose de savoir faire
Savoir faiaiaiaiaiaire (…)
Vous avez dit ...