Mercredi 20 décembre 2006 3 20 12 2006 00:00
Samedi 26 août 2006, 13h30, supermarché du bord de mer, Alpes maritimes.



Elle a une tête à s'appeler Mélanie, il existe toujours quelque chose de particulièrement bandant chez les Mélanie, il faut dire que je tripe sur les prénoms, prenez Caroline par exemple. La simple prononciation de ce mot suffit à déclencher en moi un processus d'excitation : la conséquence se matérialise par l'irrésistible envie d'une relation charnelle avec toute femme dont les parents ont eu le bon goût d'utiliser ce merveilleux nom, source d'inspiration des plus grands poètes contemporains (si si, souvenez-vous de Mc Solaar).Pourquoi les Caroline piquent-elles mon coeur pour devenir des fantasmes inassouvis ?
Ainsi, selon ma théorie des prénoms (aussi appelée théorie nominative empirique du Dr Ben dans la littérature scientifique), les Mélanie arborent en permanence un petit air coquin, et malgré tout innocent, qui transforme leur visage en un mélange de candeur et de malice tout à fait délicieux. Oui, elle doit s'appeler Mélanie, ce petit grain de beauté insignifiant coincé sous sa lèvre est LA marque de fabrique des Mélanie !

Mélanie passe des codes barres devant un lecteur optique à longueur de journées en conservant une joie sincère et une simplicité déroutante. Elle ne souffle pas devant un paquet de bougies anniversaire lorsque l'odieuse machine refuse d'afficher le prix, elle s'excuse aimablement d'un tendre regard savamment dosé, et les caresses offertes par ses yeux pétillants enterrent toute marque de réprobation. La caissière de chez Leclerc nuit à ma santé, mon corps lui est inféodé et elle a le pouvoir suprême de me déclencher des mini crises de tachycardie ... mon coeur s'emballe, mes paumes deviennentt moites, mon cerveau se vide.
Les clients l'aiment, ils patientent longuement rien que pour avoir l'honneur d'emporter des produits alimentaires frôlés par ses longs doigts manucurés. Les autres couloirs de caisses demeurent invariablement déserts, vides, inutiles, obligeant des hôtesses dépréssives à utiliser leurs mains sales pour décompter les billets. Elles donnent la nausée aux quelques téméraires qui osent les sortir de leur léthargie. Pendant ce temps, la jeune Mélanie tente de faire face à son légitime succès. Elle est humble, elle ne comprend même pas les raisons pour lesquelles tous les hétérosexuels du quartier se donnent rendez-vous devant sa caisse enregistreuse, elle rit face à tous ces sauvages bourrés du désir de la contempler en huis clos. Mis à part la facture, Mélanie ne calcule vraiment rien, ni la caresse de ses longs cheveux noirs et raides, ni ce sourire immense qui retrousse des lèvres charnues et délicates. Sa peau très blanche ne souffre d'aucune imperfections pourtant si courantes à son âge, elle est belle, lumineuse, naturelle, et le rayonnement de son visage ne nécessite même pas l'ajout d'une goutte de maquillage. Chaque millimètre carré de son épiderme, du petit orteil au cuir chevelu, donne envie de se damner sur le champ ! Face à un tel spectacle, la soudaine tentation de la prendre sauvagement au bord du tapis roulant, le désir de la rendre heureuse sur la caisse enregistreuse entraînent souvent la réduction du volume disponible au fond de mon caleçon.

Un an, putain un an que je viens toutes les semaines faire le plein de provisions ici juste pour rafraîchir le souvenir de ses traits délicats ! La vue de ses seins en forme de poires provoque toujours une émotion particulière : blottis à l'intérieur de son débardeur blanc moulant, ils contrastent parfaitement avec la pureté de son minois, ils m'appellent de toute leur force pour que je viennent les embrasser. Coincés dans un insupportable courant d'air, ses tétons durcissent et semblent me faire des signes. Raaaa ... il faudrait interdire les débardeurs blancs !

Parait-il que pour draguer une jolie fille il ne faut pas lui parler mais plutôt faire comme si elle n'existait pas. Qui a pondu une telle connerie ? Ça fait des mois que je l'ignore magnifiquement et pas l'ombre d'une ouverture, rien, nada, même pas un petit numéro de téléphone glissé sur le ticket de caisse (note pour plus tard : penser à vérifier le ticket de caisse !) ;-) C'est décidé, j'ai atteint l'âge de raison alors je dois entreprendre quelque chose, créer un dialogue, et surtout courir acheter "la drague de supermarché pour les nuls". Premier réflexe en entrant dans le magasin : je la cherche. A-t-elle changé d'horaires ? Travaille-t-elle toujours ici ? L'inquiétude monte tant que je ne détecte pas la forme de sa silhouette, conçue spécifiquement pour déstabiliser une clientèle peu aimable. Enfin, je l'aperçois, je savoure quelques instants, je contemple comme un bienheureux. Elle se tourne, elle me voit, écarte furtivement les yeux et un petit rictus quasi invisible m'indique qu'elle a "compris que j'avais compris qu'elle avait vu que j'avais vu qu'elle m'avait regardé comme elle m'avait regardé" ( L'amour dure trois ans). C'est le moment ou jamais, la voie se dessine, je dois y aller, mais mon caddy s'avère totalement vide. Je fonce au rayon "fruits et légumes", et devant tant de choix, j'hésite fébrilement entre la banane et les cucurbitacés pour finalement me rabattre sur une belle pomme rouge et ronde. Seul avec ma Granny, je nous prépare mentalement à affronter une épreuve digne d'une douloureuse piqûre chez le dentiste. La mort dans l'âme, nous nous présentons face à elle pour lui déclarer le fruit de ma passion :

" -Bonjour monsieur, vous n'avez que ça ?
- Bonjour, effectivement, je viens spécialement pour votre pomme
- ???!!? (il est fou celui-là)
- Voulez-vous croquez la pomme avec moi et accessoirement seriez-vous disponible ce soir ? (Grosse grosse erreur stratégique ! Il fallait dire : Quel soir de la semaine êtes-vous disponible ?)
- ...
- ...
(un ange passe)
- NON (éclats de rire)"

Bon, c'est ce qu'on appelle un faux plan à 80 centimes d'euros (la pomme est chère en été). Enfin, cette étape n'est qu'un sursis au célibat de Mélanie (mais est-elle célibataire ?), vivement la semaine prochaine que je construise une nouvelle stratégie ... Enfin, cela n'est rien par rapport aux deux filles que j'ai draguées hier soir et qui se sont révélées être lesbiennes au bout de deux heures de conversation.



Ndlr : Texte écrit et publié pour un autre blog cet été, mais je souhaitais le réutiliser pour fêter le premier anniversaire des chroniques de Ben.
Par Ben - Publié dans : Moi
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Commentaires

Est-ce que je me trompe si je précise que ton texte est à mi-chemin entre des références à Elmer Food Beat et des références à Jean-Paul Sartre ? Sacré grand écrart !
Commentaire n°1 posté par SimpleMind le 20/12/2006 à 12h50
Tu n'est pas si "simple mind" que ça à ce que je vois ....
Réponse de Benoît le 25/12/2006 à 10h23
Joyeux anniversaire..Melous' :)
Commentaire n°2 posté par Tatiana le 20/12/2006 à 14h33
Merci ma chérie, alors comment va notre nouvelle Italienne ?

Bisous Tati
Réponse de Benoît le 25/12/2006 à 10h24
Loooool ! j'adore c'est trop fort !

Bisous Ben ;o)
Commentaire n°3 posté par Melanie le 21/12/2006 à 20h52
Merci Mélanie, ça fait plaisir ! Bisous Mel :)
Réponse de Ben le 25/12/2006 à 10h29
Je me demande quels secrets récèlent mon prénom...en plus je suis caissière à la fnac en ce moment... :)
Commentaire n°4 posté par E. le 21/12/2006 à 22h03
Tu me dis ton nom et tous les secrets seront dévoilés ! Emilie, Elodie, Emmanuelle, Estelle, Eglantine, Edith, ... ? Alors ?
Réponse de Benoît le 25/12/2006 à 10h30
J'étais sûr d'avoir déjà lu ce texte... !
Tu l'avais posté où ? :)
Commentaire n°5 posté par Thomas le 25/12/2006 à 20h08
Chez la vingtenaires academy.
Réponse de Benoît le 26/12/2006 à 00h28
Hey ! Joyeuses Fetes Ben pis a toute la gang aussi ;-) xxx
Commentaire n°6 posté par Ma Copine le 25/12/2006 à 22h06
Merci, joyeuses fêtes au Québec ! Enfin, il faut que je digère maintenant ... ;-)
Réponse de Ben le 26/12/2006 à 00h29
sympa le blog, bravo!

fab
Commentaire n°7 posté par fabrice le 27/12/2006 à 12h45
Merci Fab, c'est sympa !
Réponse de Ben le 27/12/2006 à 13h15
:) notre vie italienne se termine pour le moment (ou pas pour le moment, qui sait? :)), mademoiselle rentre chez elle, mademoiselle se repose et [vu que je connais un peu celle-la]on dirait qu'elle recommencera la bataille :)
Bisous, Ben :)
Commentaire n°8 posté par Tatiana le 29/12/2006 à 01h17
Bon repos, bonne année alors, chez toi.

Bisous Tati
Réponse de Ben le 02/01/2007 à 10h01
Drôle d'entrée en matière...Commencer directement par l'histoire de la pomme qui est à l'origine de toute culpabilité féminine...
Méfie toi qu'elle ne reste coincée dans ta gorge. (-;
Ca me fait penser à un livre d'olivier Adam. Lui aussi, il aime les caissières, mais celles de Shopi qui s'appellent Claire.
bonne année 2007, pleine de filles lesbiennes, de rateaux pitoresques, de hasards heureux et de fêtes galantes.
Commentaire n°9 posté par mina le 02/01/2007 à 00h03
Un livre d'Olivier Adam ... C'est clair qu'avec un nom pareil il a tout pour figurer dans mon histoire !
Merci pour tes voeux, très bonne année à toi aussi Mina.

Pour les filles lesbiennes, bah je préfère les hétéro à la rigueur, ou les bi.
Pour les rateuax pitoresques ... Heu, j'en aurais peut-être un à raconter la semaine prochaine, soit ce sera un merveilleux rancard, soit je me fais des illusions et là c'est le rateau en pleine tronche.
Pour les hasards heureux et les fêtes galantes, je vais essayer de rester sur la lancée de 2006.

Bisous Mina
Réponse de Ben le 02/01/2007 à 10h00
ahhhhh, enfin ça fait plaisir...
moi qui m'était résignée face à ce qu'inspire mon prénom.
En effet la "mélanie" était soit la moche et insupportable dans (attention culture) Hartley coeurs à fids ou n'importe quelle pintade de soap opera.
Cependant, ces envolées lyriques me rappellent étrangement la chanson de Brassens.
Meilleurs Voeux!
Commentaire n°10 posté par mélanie le 03/01/2007 à 00h01
Ah oui c'est vrai, moi dans Hartley je préférais nettement Anita ou Jodie ! ;-)
Mais sinon j'ai toujours bien aimé les "Mélanie" que j'ai pu croiser dans ma vie.

Quelle chanson de Brassens ? Quand je pense à Mélanie je jouis je jouis ... lol

Bonne année !
Réponse de Ben le 03/01/2007 à 10h32
(je devrais enlever mes moufles: les intellectuels auront saisi qu'il fallait lire "Hartley Coeurs à vifs")
Commentaire n°11 posté par mélanie le 03/01/2007 à 00h07
Oui oui bien sûr, j'aimais beaucoup cette série.
Réponse de Ben le 03/01/2007 à 10h33
Heu rien à voir avec l'article mais je te souhaite une très bonne année 2007 avec plein de bonheur, d'amour et tout ce que tu voudras...
Gros bisousssssssssssssssssssssssss
Commentaire n°12 posté par Lili le 03/01/2007 à 15h06

Moi aussi Lili, bonne annee, pleine d'amour surtout !

Bisous ma belle ;-)

Réponse de Benoît le 16/01/2007 à 16h20
Tu as trouvé félicitations! :)

Bonne année!
Commentaire n°13 posté par E. le 04/01/2007 à 10h00
Merci toit aussi !
Réponse de Benoît le 16/01/2007 à 16h20
Et ben ! Je pensais pas que mon prénom était magique à ce point... ;-)

C'est bon à savoir tiens.
Commentaire n°14 posté par melc le 14/01/2007 à 16h00
Magique pour moi oui ! Sympa ton blog sinon, j'aime bien, c'est frais.
Réponse de Benoît le 16/01/2007 à 16h21
merci du compliment ! :)
Commentaire n°15 posté par melc le 22/01/2007 à 18h23
Il y a aussi Mélanie la chipie... Dans les méthodes de lecture avec Gafi le fantôme... Mais toi tu serais plutôt Arthur le Gros Dur ou Rachid le Timide ?
Commentaire n°16 posté par Loïc le 30/06/2008 à 23h22
J'aime beaucoup ton style d'écriture et j'aimerai te lire de nouveau. Si tu as fait un nouveau blog Benoit, merci de le communiquer :) A bientot
Commentaire n°17 posté par Admiratrice le 29/10/2008 à 13h13

A savoir ...

Pour les nouveaux ou pour ceux qui ne comprendraient pas la dualité Mel / Ben, n'hésitez pas à consulter l'article "A coeur ouvert" qui vous explique tout.

Sinon, les artcles de février - mars - avril - ... sont conseillés si vous vous intéressez à la politique et l'actualité.

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