Gagner 60 millions deuros au loto

En début de semaine, j’ai vu au journal ce jeune homme de 31 ans originaire d’Evian qui vient de gagner 60 millions d’euros à l’euromillion. Il a montré son visage aux médias lors de la réception du chèque, il a démissionné et il part en voyage au bout du monde avec sa compagne. Que ferais-je si j’avais la chance de remporter cette somme grâce à la loterie ?
Déjà, je suis sûre que je ne gagnerai jamais, évidemment je ne joue pas. Mettre six euros dans un jeu de hasard n’est valable que si on ignore les lois des probabilités. Par ailleurs, il est prouvé que ce sont les gens les plus précaires qui dépensent inutilement les plus grosses sommes d’argent à la loterie. Je vais donc imaginer que les 60 millions proviennent de l’héritage d’un oncle d’Amérique (comme dans les films). Alors, première chose, je me tais et j’évite de dévoiler au monde entier ma soudaine richesse. Deuxième chose, je continue de vivre normalement, je ne démissionne pas, je ne flambe pas, je ne me la pète pas. Par contre, je prends rapidement rendez-vous avec un avocat fiscaliste et un conseiller financier et je bosse. Sur les 60 millions, je m’autorise à en utiliser 10, j’investie le reste. Avec les 10 millions, je change de voiture (je devais changer de toute manière) et je m’achète une mini Cooper, je démarche les agences immobilières pour trouver une maison au Cap d’Antibes et un appartement à Passy, c’est pratique quand je rentre à Paris. J’utilise le reste du gain pour financer les études de ma sœur, sa nouvelle voiture et son permis, et je paye un voyage autour du monde à mon père et ma belle-mère, et puis je verse les frais de construction de leur piscine intérieure. Le reste du pactole trouvera bien une utilité.
Pour les 50 millions à investir, il faut réfléchir. D’abord, j’achète de la pierre (de qualité), mais pas en France, je recherche un pays où les biens sont peu chers (Europe de l’est ? …) avec de bonnes perspectives d’inflation. Ensuite, j’enrichis considérablement mon portefeuille boursier sous les conseils de professionnels de la finance. Enfin, je prends, au bout de quelques temps, un congé sabbatique d’un an pour créer ma société. Quel type de société ? Une entreprise de conseil en stratégie internationale, en management et en ingénierie. J’apporte les fonds, je recherche alors des associés et le but reste alors de s’imposer dans le monde du service. Je trouve cette perspective beaucoup plus excitante que d’aller simplement se faire dorer la pilule sur les plages des Maldives : c’est sympa pendant deux semaines de vacances mais si je ne travaille pas, si je n’ai pas de défit ou de motivation particulière, je m’ennuie.
Je ne crois pas que ma vie deviendrait plus heureuse grâce à ce soudain héritage, le seul avantage résiderait dans la sécurité matérielle, mais de nombreux ennuis sont certainement compris avec le magot. Ah si, j’oubliais, je me payerai un gigolo à l’année, un gars superbe, tablettes de chocolat, teint mat, une barbe de trois jours, un fessier en acier et cultivé aussi, minimum avec un doctorat en philosophie. Il me comblerait si besoin, et sinon il me servirait d’homme d’intérieur : cuisine, ménage, jardinage, entretien de la piscine (en tenue d’Adam) et entretien particulier de la patronne. Aaaaahh si j’étais riche, dilidiladilidilidilididon …
Cordialement, Mel.