Cest quoi/où/quand/comment/avec qui le bonheur ?
Déjà, j’ai beaucoup de mal avec le bonheur, tout simplement parce que je ne sais pas l’orthographier. Mon correcteur me le rappelle sans cesse : le –h se place après le –n mais je m’entête bêtement à vouloir écrire bohneur ! Est-ce un signe révélateur de mon incapacité à approcher cette notion impalpable ? Est-ce que je souhaite construire mon propre bohneur en découpant la haine à coup de hache ? Et pourquoi suis-je coincé dans ma période « questions existentielles » comme en philosophie en terminale ? On me parlait bonheur et moi je répondais « copains, filles, fêtes, soleil et mention au bac ». Non, en fait je crois qu’à cette époque le bonheur à mes yeux aurait pu se matérialiser dans le fait de sortir avec ma prof de philo … Aaaaaah ma prof de philo ! Elle aurait pu m’enseigner la vertu, la justice, la vérité, l’estime de soi et je l’aurais regardée pendant des heures sans rien entendre, l’observer suffisait à me ressourcer d’un plaisir hors du temps, égoïste. Seulement, plaisir est-il synonyme de bonheur, l’assimilation des notions ne s’avère-t-elle pas un raccourci trop facile ?
Voltaire (Voltaire est mon unique référence philosophique, les autres me filent le bourdon) a écrit : « J’ai décidé d’être heureux parce que c’est bon pour la santé ». (Déclic dans ma tête : les neurones se connectent, les synapses transmettent, les nerfs s’émoustillent, le flux d’information parcourt mon cerveau à la recherche d’une case susceptible d’analyser 14 mots intelligibles … Eureka ! Tel Archimède avec sa poussée, je viens de comprendre une évidence, qui se dandinait voluptueusement devant mes yeux, totalement ignorée jusqu’ici). Mais oui, c’est ça, c’est ça le but ! Voltaire n’a pas dit « j’ai décidé de vivre en bonne santé donc je serais heureux », moi qui croyais en des notions équivalentes, je comprends enfin qu’il n’existe qu’une implication. Dans le précédent article, je vous parlais de ma volonté d’effectuer une rééducation de la vie, de réapprendre goût et plaisir. Surtout, le point d’entrée cette remise en question de mon « way of life » se nommait : GUERIR. Voilà le fameux mot qui revient perpétuellement à ma bouche : « - je veux guérir (…) - je veux aller bien (…) - tiens si je prenais cette crème à 200 euros peut-être que je me sentirais mieux (…) – qu’a-t-elle cette fille à me regarder ? Elle doit voir que je suis malade, vite vite il faut que je me cache (…) – Quoi ???? Une après-midi jet-ski ? Hein ? Il y aura plein de monde ???? Ah non non, je ne peux pas, ce n’est pas bon pour ce que j’ai (…) – Monsieur le directeur, un voyage à Los Angeles au dernier moment, vous savez que je ne veux pas décevoir nos partenaires mais vous comprenez bien que la croissance de mes symptômes est proportionnelle à la distance qui me sépare de mon médecin, si si, et puis oups, mince alors, j’ai perdu mon visa optique la semaine dernière, quel dommage (…) - ».
En fait, j’en ai marre de formuler ces foutues excuses et de me cacher derrière cette maladie (qui n’est pas la pire qui soit) pour excuser toutes mes peurs, toutes mes lâchetés et tous mes échecs sans réflexion aboutie. Je viens ainsi de prendre conscience de la nécessité du bonheur, non pas pour guérir mais simplement pour être heureux, pour pouvoir rentabiliser au maximum ce corps prêté à la naissance. Si je peux guérir ou améliorer mon état grâce à la psychologie du bonheur, tant mieux mais le but réel consiste à s’épanouir et à n’attendre rien d’autre que de sourire à la vie. L’attente permanente de la guérison peut apparaître dangereuse car en l’absence de réussite le retour à la déprime risque fort d’en devenir la conséquence immédiate. Par contre, si je recherche le bonheur, la maturité, le dépassement de soi et pas uniquement un petit plaisir ponctuel, je m’engage sur la bonne voie car la maladie ne se résumera qu’à une infime part de mon existence, de ma personnalité, non suffisante pour entraver la joie de vivre. La guérison ne sera plus donc une nécessité absolue. Etre heureux est l’aboutissement vers un état d’esprit positif, une sorte de pensée intellectuelle impalpable, indépendante de l’état matériel de l’être, la prise de pouvoir de l’âme sur l’enveloppe corporelle, le contrôle de l’esprit. Voilà, je pense franchir une étape supplémentaire dans ma recherche du bien-être (vous devez vous dire que je suis devenu très nian nian … bah ouais et même si ce n’est pas très fashion, c’est bon !) en comprenant que le bonheur n’est pas un moyen de résoudre ses problèmes, le bonheur est un aboutissement à lui tout seul, le Graal de chacun, sa quête est infinie et heureusement, car comme le disait un de mes écrivains préférés, Oscar Wilde : « Il y a deux tragédies dans la vie : l’une est de ne pas satisfaire son désir et l’autre est de la satisfaire ».
Brainstorming pour ma quête du bonheur et ma reconstruction (je prends éventuellement vos suggestions) :
- Arrêter de me concentrer uniquement sur ma petite personne et être plus généreux dans mes rapports humains
- En finir avec le pessimisme. Toute ma vie, j’ai cru qu’être pessimiste permettait de toujours se préparer au pire, de contrôler, de contrôler ses émotions, bref de ne pas être malheureux. Mais la négation du malheur n’implique pas le bonheur
- Croire au bonheur
- Améliorer confiance en soi et surtout estime de soi
- Sortir de chez moi pour n’importe quel prétexte
- Reconstituer un groupe d’amis
- M’ouvrir aux autres, discuter plus avec tous ceux qui m’entourent (voisins, collègues et inconnus) et être présent
- Faire au moins 3*20 minutes de sport par semaine
- M’inscrire dans un club associatif pour le sport, afin de faciliter les rencontres
- Faire du yoga et de la méditation
- Continuer l’acupuncture (j’ai fait ma deuxième séance hier et mon énergéticienne a été ravie du progrès. Sinon, je suis complètement « parti » lors du massage du cuir chevelu, j’ai repris conscience plusieurs minutes plus tard, trop bon !)
- Rendre visite à mon coach
- Prendre rendez-vous auprès d’un psychologue EMDR
- Couper TV et ordinateur le plus souvent possible
- Inviter du monde à la maison
- Acheter des Oméga 3
- Améliorer ma technique de communication avec les autres pour accroître mon sens de la diplomatie (si si, dans la vraie vie je suis diplomate)
- Ecouter avec le coeur
- Me mettre à la cuisine pour contrôler mon alimentation (un des points les plus durs !)
- Prendre le temps de respirer
- Continuer de lire beaucoup le long de la rivière, c’est relaxant
- Trouver l’amour (j’aurais du le mettre en premier mais il y a beaucoup de boulot …)
- Dormir suffisamment
- Appeler les proches régulièrement
- Observer et prendre du plaisir dans chaque situation : s’amuser et ne pas regarder sa montre.
Bon, mes chers amis, je vous souhaite à tous un bon week-end, moi j’ai pris ma journée et c’est tellement agréable. Je passe sous la douche et je file de ce pas à l’aéroport chercher ma sœur, j’espère qu’on va bien s’amuser jusqu’à mercredi. Peut-être à ce soir pour la rando roller de Nice (à moins que je ne fasse autre chose) ou à demain aux fêtes gourmandes de Villeneuve-Loubet. Je vous embrasse.