Des tarifs immobiliers insolents

Publié le par Mel

Un jour, vous quittez papa et maman, vous partez faire des études loin de chez vous et vous louez bien sûr un petit studio minable d’une vingtaine de mètres carrés. Vous rêvez alors de votre future maison à la campagne avec un jardin immense ou bien de votre luxueux appartement transversal dans les beaux quartiers de Paris. Seulement, une fois le premier salaire en poche et un emploi régulier, vous faîtes rapidement le tour des agences pour constater que les prix ne sont pas en adéquation avec votre porte-monnaie. En effet, en lisant le dernier Logic-Immo de la Côte d’Azur, j’ai relevé les prix suivants :  

 

- La Colle sur Loup, 2 pièces en dernier étage donnant sur spacieuse terrasse plein sud, ouverte sur la verdure et au calme absolu. Cave et parking couverts. Prix : 214 000 euros.

- Villeneuve-Loubet, proche mer dans résidence avec piscine, grand 3 pièces vendu meublé, avec séjour est-ouest traversant, 2 terrasses, 2 salles d’eau et double box. Prix : 330 000 euros.

- Villeneuve-Loubet, maison de plein pied jumelée avec son grand séjour donnant sur terrasse et piscine, cuisine équipée, 3 ch, 2 sdb, garage. Calme et dominant. Prix : 727 000 euros.

Qui peut s’offrir le luxe de devenir propriétaire ? La croissance des prix semble incroyable depuis quelques années. Pourtant, les lendemains d’euphorie risquent d’être difficiles. Moi qui aurait aimé acheter depuis quelques temps, je vais attendre encore un peu, voire quelques années. Il va de soi que les prix des logements doivent être corrélés au salaire moyen et cette logique est mise en péril. Aujourd’hui les Français semblent se laisser persuader que les prix vont continuer de monter, tranquillement, ou du moins qu’ils ne vont pas chuter, alors ils investissent massivement, sans prendre le temps de réfléchir à la situation. Certains de mes amis peuvent mettre jusqu’à six mois avant d’acheter un ordinateur, pour étudier les accessoires, pour négocier les prix au plus bas, pour être sûrs de leur choix, et ces mêmes personnes décident d’acquérir une maison sur un coup de tête, parce qu’elle leur plait et que « de toute façon, la pierre, c’est un investissement garanti ». Je suis effondrée à chaque fois que quelqu’un me sort ce lieu commun sans aucun fondement comme si c’était une loi mathématique imparable. Prendre trente ans de crédit sans réfléchir aux conséquences devient finalement une attitude commune, c’est pas grave puisque tout le monde le fait.

Seulement, comme tout marché financier, l’immobilier subit des hauts et des bas, demandez donc à la personne qui a acheté un beau duplex en 1992 et revendu ce même bien en 1998 suite à un divorce si son argent a fructifié. Je crois que dans quelques années certains néo-propriétaires seront ruinés par leur précipitation. Il est vrai que débourser un loyer de 700 euros tous les mois ne me fait pas spécialement plaisir mais je ne considère pas pour autant que je jette cet argent par la fenêtre : je paye un service me permettant d’évoluer dans un espace confortable et de dormir au chaud. De plus, en restant locataire, je conserve une mobilité professionnelle intéressante en tant que jeune salariée, je reste libre de me mouvoir avec simplement trois mois de préavis.

Je compte évidemment acheter un jour, mais je suis patiente et je préfère observer l’évolution de la bulle immobilière, ce n’est rien d’attendre deux ou trois ans lorsqu’on est prêt à s’endetter sur trois décennies. Je mise sur une future remontée des taux d’intérêt provoquant l’éclatement de la bulle et un effet boule de neige dont le résultat se traduira par un net recul des prix. Je ne prétend pas avoir raison, je prétend juste qu’en ces temps difficiles il faut raison garder, le travail se précarise et les mariages se fragilisent, on ne peut pas compter sur la stabilité qu’ont connu les baby-boomers. Ainsi, j’en profite pour faire des économies et placer chaque mois la moitié de mon salaire, soit sur des plans d’épargne ou entreprise, soit sur le marché boursier qui se porte de mieux en mieux : n’oublions pas que le CAC 40 connaît une hausse de 22% depuis un an !

Par conséquent, avant de vous laisser tenter par un joli catalogue et un bel agent immobilier, réfléchissez bien et posez-vous simplement les questions suivantes : Ais-je les moyens ? Est-ce que je désire vivre toute ma vie à crédit ? Mon opinion est que l’on doit se contenter de ce que l’on peut s’offrir et cela nécessite la maîtrise de son budget. Je suis exaspérée de voir dans certaines grandes surfaces des couples prendre un crédit à la consommation pour acheter une télévision ou une chaîne Hi-Fi ! Si on n’a pas les moyens de s’offrir une chaîne, on commence par une radio, on fait des économies pendant quelques mois en se serrant un peu la ceinture et puis un beau jour on casse la tirelire pour se faire plaisir. On est alors beaucoup plus heureux et fier d’avoir travaillé pour atteindre son but que de se laisser passivement tenter par des taux d’intérêt à deux chiffres remboursables sur 36 mois.

Allez, je m’en vais payer mes impôts …   J

Mel

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Publié dans Général

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F
Bonjour,<br /> <br /> Il ne sera pas dit que je ne tiens pas mes promesses. Voici donc mon commentaire.<br /> <br /> Je crois d’abord que l’augmentation des prix dans le secteur immobilier ne cessera pas dans l’immédiat. Bien sûr la plus-value n’augmente plus de 15% par an depuis plusieurs années, mais il reste que sur les 10 prochaines années l’immobilier augmentera en moyenne de 10%.<br /> <br /> Les raisons en sont simples. Les marchés financiers et en particulier celui des banques ne laissera pas l’investissement immobilier se dégrader. Rappelons que les prix sont principalement déterminés par les taux et la durée de prêts.<br /> Si les taux augmentent et que les durées s’allongent, les prix vont augmenter car ces conditions permettent aux ménages de s’endetter pour acheter un bien immobilier.<br /> <br /> Les prix de l’immobilier n’ont jamais été déterminés par le salaire moyen. Le facteur important à observer n’est pas le salaire lui-même mais la part de ce lui-ci réservée à l’épargne.<br /> <br /> L’option location ou achat dépend donc d’une simple question : est-il plus rentable de rembourser les annuités d’un prêt immobilier ou de payer un loyer ?<br /> Un loyer, c’est de l’argent perdu. Certains préfèrent payer 600 euros par mois pour rembourser un prêt (même sur 25 ans) plutôt que de dépenser cette somme sur un loyer.<br /> <br /> Les exemples que tu donnes sont approximatifs et parfois erronés. Ainsi, quel rapport y a-t-il entre le prix d’un bien immobilier et le divorce. Ne confonds pas marché immobilier et situation personnelle qui sont 2 choses distinctes.<br /> De plus, je ne vois pas vraiment en quoi l’achat d’un bien immobilier empêche une quelconque mobilité professionnelle.<br /> <br /> Tu parles également de « bulle immobilière ». Il ne s’agit pas d’un phénomène naturel. Pour un « éclatement » de cette bulle il est essentiel que 2 éléments soient réunis :<br /> D’abord, il faut une bulle immobilière. C’est une affirmation très simpliste mais cela permet de se demander ce qu’est une bulle immobilière. Il s’agit d’une hausse rapide des prix alimentée par un investissement constant des ménages. La hausse des prix n’est pas rapide et on ne parle donc pas de bulle mais de marché haussier. A cela s’ajoute un investissement plus que relatif des ménages qui n’investissent plus autant dans l’immobilier. De ce fait, l’augmentation des prix n’est pas maintenue de façon assez intensive pour permettre un augmentation rapide des prix et créer une bulle.<br /> <br /> Ensuite, s’il existait une bulle, les banques ne laisseraient pas celle-ci crever et comme je l’ai dit plus haut, ce sont les prêteurs qui contrôlent ce marché.<br /> Ce que tu ne réalises pas c’est que lorsque tu investis sur des valeurs mobilières (les actions et obligations), de plus en plus souvent une parte de ce capital est investi sur le marché immobilier. Je ne dirais qu’un mot : OPCVM.<br /> <br /> Je suis d’accord avec toi sur le fait que l’on doit vivre en fonction de ses moyens. Vivre à crédit n’est pas une solution et emprunter reste un investissement. Les crédits pour la consommation de produits courants sont une imbécilité et il est important que les consommateurs se responsabilisent.<br /> <br /> J’ai tenté de faire simple, mais il y a beaucoup d’autres choses à dire sur le sujet …<br />
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M
"mais il reste que sur les 10 prochaines années l’immobilier augmentera en moyenne de 10%" : Je parie le contraire, je parie une récession. Les durées sont déjà énormes pour les taux et leur augmentation va plomber un marché sur lequel de très nombreux jeunes ménages ont déjà investi."c’est de l’argent perdu" : Non, tout dépend le contexte. Un type qui a vendu en 1992 et acheté 10 ans plus tôt a perdu de l'argent, il aurait mieux fait de louer. La marché est périodique et je pense qu'on va revenir au niveau de 1992." je ne vois pas vraiment en quoi l’achat d’un bien immobilier empêche une quelconque mobilité professionnelle" : C'est emmerdant, il faut faire du locatif ou assumer un double loyer ou revendre, et revendre trop rapidement entraîne beaucoup de frais pour une faible plus-value ... bref, t'achètes pas pour déménager rapidement.S'il n'existait pas une bulle, les fonds de pension américains ne s'empresseraient pas de vendre leurs biens à la découpe.Rendez-vous dans 5 ans ... Ca va se casser la gueule, on a trop tiré la corde.
A
perso je compte acheter. il ne faut pas voir un achat immobilier comme une opération boursière non plus ! on ne revend pas un bien comme on boursicote. et entre payer un loyer (susceptible d'augmenter tous les ans) tous les mois, ou payer ma maison tous les mois, mon choix est fait.
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M
Fais les comptes, sans préjugés, et suivant  l'éventuel crack immobilier il peut être plus interessant de louer.
A
Boafff, ça parle pas de cul ici,<br /> c'est nul, j'me casse !! ;-)
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M
Saint Cappello ! ;-)
M
Diantre, je suis démasqué. Me voici fait comme un rat !
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A
Bonsoir,<br /> <br /> Essaie de voir du côté de Mougins centre, il reste quelques bonnes affaires là-bas parait-il =).
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M
Oh non, j'aime pas Mougins.