Quand le journalisme devient spectacle
Vendredi soir, TF1, le prime time s’ouvre sur Laurence Ferrari et Thomas Hughes, les deux remplaçants du mythique « 20 heures » et présentateurs du magazine « Sept à huit ». Après les 100 plus belles femmes du monde, les 100 plus beaux fous rires, les 100 plus belles gaffes etc, Coyote décide de produire une énumération des 60 faits marquants dans l’actualité au cours de ces dernières années. Cette émission, qui représente seulement un divertissement, possède pourtant une caution morale journalistique par le choix des présentateurs (cette fois nous n’avons pas eu le droit à Christophe Dechavanne et Sandrine Quétier) et du décor. Pourtant, ce n’est qu’un zapping, qu’une succession aléatoire d’images, faciles à trouver, n’apportant pas d’informations nouvelles, et dont le seul objectif se résume à réveiller notre mémoire et notre nostalgie du passé. Alors effectivement, il peut paraître réactionnaire de s’insurger contre ce type d’émissions mais d’une manière générale j’ai l’impression que la presse dérive vers le « populaire » et qu’il devient de plus en plus difficile de se ternir informer de l’actualité internationale.
Je vais commencer par le pire exemple : la presse radio. A part dans les radios disponibles en modulation d’amplitude (France Info, Europe1, RMC, France Inter, RTL, …), les flashs infos se réduisent vraiment à une peau de chagrin. Ainsi, sur Fun Radio, je dénombre un flash toutes les demi-heures pendant l’émission matinale, dont la durée n’excéde pas 3 à 4 minutes. Sur une aussi courte période il faut évidemment aller à l’essentiel et permettre une bonne hiérarchisation de l’information. Cela se traduit par : 1- la météo 2- l’info funradio du jour qui correspond à la promotion d’un artiste sponsorisé par la station (c’est de la pub déguisée !) 3- une information nationale quelconque du style « grève à
Dirigeons-nous maintenant vers le média le plus populaire, la télévision et le fameux « 13 heures ». France
Si par bonheur nous possédons les moyens de s’offrir le satellite ou le câble, les chaînes d’information continue représentent effectivement un excellent moyen de s’ouvrir au monde. Néanmoins, un côté spectacle demeure dans ces filiales de TF1 ou Canal +. Il se manifeste par le choix des présentateurs et surtout présentatrices. Certes, nous sommes à la télévision donc l’esthétique demeure évidemment essentiel, mais on observe un excès frappant : les nouvelles animatrices sont toutes des bombes sexuelles plus magnifiques les unes que les autres. Normalement, un journaliste est censé se placer en retrait pour mettre en valeur les nouvelles du jour, mais aujourd’hui c’est devenu impossible, l’oreille ne suit plus parce que l’œil dévore assidûment la plastique parfaite du messager. Finalement, si vous zapper sur LCI, qu’allez-vous retenir ? « Tiens, Melissa Theuriau a du partir au soleil parce qu’elle semble encore plus bronzée que la dernière fois, mais comment fait-elle pour obtenir un aussi joli teint en plein hiver ? ». He oui, vous aussi avez oublié d’écouter ce qu’elle dit …

Je ne vais tout de même pas épargner dans cet article mes amis de la presse écrite. J’ai peu de critiques à formuler pour la plupart des journaux écrits, si je dois me faire une revue de presse assez complète (trop rarement) je choisis : Libération, le Figaro, l’humanité et le Herald Tribune. Les Echos peut s’avérer utile pour l’actualité économique mais c’est franchement ennuyeux. Le quotidien que je supporte le moins (et pourtant il a beaucoup de succès) se nomme Le Parisien. Alors qu’il bénéficie d’une image de bon niveau, j’estime que ses articles sont au raz des pâquerettes et que la rubrique des chiens écrasés prend beaucoup trop d’importance et de volume. Pour les hebdomadaires, j’apprécie avant tout Courrier International et Marianne, et je n’aime pas vraiment la presse féminine (qui nous pousse continuellement au régime ou qui nous explique quelles sont les pratiques sexuelles du moment) et encore moins les magazines potins du type Closer, Voici ou Ici Paris qui ne savent jouer que sur l’effet d’annonce.

Pour finir, je vais quand même conclure par un bon point. J’ai eu l’occasion de découvrir le nouveau format du 12 :50 de M6 présenté par Anne-Sophie Lapix, et je suis plutôt agréablement surprise. Cette tranche ne se veut pas élitiste donc c’est court mais suffisant pour avoir une photographie de la situation de
A la prochaine, Mel.