LEurope doit-elle assurer sa propre défense ?
Un des premiers objectifs de l’Europe devrait être d'assurer la défense de ses intérêts vitaux contre toute menace quelle qu'en soit l'origine. Par le traité de Maastricht, les membres de l’Union européenne se sont donnés pour projet de mettre sur pied une politique de défense commune. L’Europe se doit de contribuer au maintien et au rétablissement de la paix et de la démocratie, aussi bien à l’intérieur qu’en dehors de notre continent. Pour le moment, l’action des pays du vieux continent se limite plutôt à une somme de contributions individuelles regroupées au sein de l’OTAN ce qui m’amène à me demander si l’Europe peut avoir une politique de défense indépendante du traité de l’Atlantique Nord. Il peut sembler essentiel, à la vue des différents conflits mondiaux actuels, qu’une coalition européenne assume un véritable rôle en apportant un certain équilibre dans les relations internationales, et en soutenant une politique de prévention des conflits. Elle doit aussi définir, en fonction de ses intérêts propres et dans le respect de ses alliances, une stratégie de défense à long terme. Il subsiste toutefois de nombreux désaccords entre responsables européens aussi bien en matière de politique étrangère que dans le domaine de l’harmonisation de l’équipement militaire. Il manque encore beaucoup de volonté pour la véritable création d’une armée commune. Les fondations ont été jetées, mais encore faudra-t-il une politique globale d’intervention et d’emploi d’une force de frappe. Ainsi, il est légitime de se demander si l’Europe peut constituer pour ses citoyens un véritable espace politique permettant la gestion plus aisée d’une défense commune. Chacun des pays de l’Union est issu d’une combinaison de facteurs historiques, politiques, stratégiques et militaires mais aussi économiques, scientifiques et culturels. Les institutions européennes peuvent-elles gagner en cohérence et surtout en efficacité en se regroupant ? Le développement d’une identité européenne sera-t-il un moteur suffisant pour que l’ensemble des Européens souhaitent être solidaires d’une armée en commun?
La problématique majeure d’une défense commune européenne dépend non seulement d’une volonté politique, mais aussi des moyens appliqués. Autant de doutes qui pourraient à eux seuls faire penser à clore le débat… mais en réalité, il n’en est rien.
En fait, on pourrait croire que lentement la défense européenne se met en place. Face aux conflits, aujourd’hui internationaux, certains voient en elle le seul salut contre une domination américaine économique et militaire. Si l'Europe veut devenir une Europe forte, consciente de son identité politique, respectueuse de tous les peuples qui la composent, assumant ses responsabilités dans le monde, elle doit être prête à supporter la charge de sa défense. Seulement, une difficulté majeure pour la construction d’une défense propre à l’Europe est l’éternelle appartenance à l’OTAN, dont il apparaît nécessaire de se démarquer. Ainsi, chacun veut construire une défense commune, mais sans s’en donner les moyens, sans aller de l’avant et s’affranchir des alliances du passé qui nous asservissent. Aucun pays européen n'aurait accepté de s'engager dans la construction de l'Europe de la défense si elle devait conduire à un relâchement du lien transatlantique. A mon avis, c’est une erreur et je me demande l’utilité d’une telle défense si elle doit rester dépendante des Etats-Unis. Il semblerait que les attentats du World Trade Center aient renforcé la détermination des gouvernements européens à s’unir, du moins dans les déclarations. En réalité, par sa frilosité à devenir autonome, l’Europe construit très lentement sa défense. Les traités, les réunions au sommet se succèdent depuis cinquante ans mais nous n’avons pas encore la chance d’en voir le résultat alors que les peuples européens semblent être prêts, mis à part quelques inconditionnels de la souveraineté nationale. Autant dire que la perspective d’une armée commune apparaît comme inexistante. D’ailleurs, Alain Richard précise même : « il ne s'agit donc pas de constituer une armée européenne, mais de mettre à la disposition de l'UE des moyens nationaux ou multinationaux pour la gestion de crises internationales, en conformité avec les principes de
Ce n’est pas demain que l’Europe constituera un pôle militaire pouvant rivaliser avec le géant américain alors que tous les facteurs semblent affirmer que les pays européens devraient assurer une défense commune. Cela permettrait ainsi la gestion plus juste d’un grand nombre de conflits internationaux dont l’unique intérêt ne serait plus l’appât du pétrole. La planète manque cruellement d’un contre-pouvoir pouvant empêcher les dérapages.
