Les réseaux
Le piston dans le monde professionnel, est-ce un mythe ou une réalité ? D’après Zone Interdite sur M6 samedi soir, faire parti de clubs prestigieux ou d’anciens élèves de grandes écoles favorise la promotion professionnelle. Apparemment, certaines personnes sont prêtes à multiplier les cocktails mondains et les petits déjeuners chics pour se constituer un large panel de cartes de visite, pour rentrer dans le Who’s who et surtout pour REUSSIR ! Je connais quelques individus agissant dans cet état d’esprit, ils sont caractérisés par une ambition démesurée et feraient tout pour obtenir le moindre contact. Ils passent leurs journées au téléphone à flatter, à écrire des fiches pour détailler chacune de leurs rencontres et surtout à organiser des déjeuners et dîners. Je rejette complètement ce genre d’attitude et ne supporte pas d’être choisie grâce à mes relations, la seule chose qui importe demeure mes compétences … A quoi cela sert-il de réussir si on ne le mérite pas ? Je déteste profondément tous les réseaux, ce concept représente une sorte de communautarisme élitiste pour branleurs en quête de gloire.
Généralement, lorsque le réseau des anciens élèves de mon école me contacte une fois par an pour la cotisation et pour la mise à jour de mes coordonnées, je leur raccroche au nez : je n’ai aucune envie de payer pour avoir des nouvelles de mon ancienne école, je m’en fou complètement et surtout je ne veux pas voir figurer mon numéro de portable dans l’annuaire des Anciens. Ce qui m’irrite le plus se matérialise par les réunions d’anciens élèves, généralement supervisés par le directeur. Quel ennui ! Quelle inutilité ! Quelle auto-congratulation aveugle ! Déjà à l’époque je ne m’entendais pas avec mon directeur parce que je refusais systématiquement toute participation à des associations (ce qui me causait des pénalités) liées à mon établissement et je déclinais (et je continue encore …) toute invitation au gala censé donner une bonne image de marque aux partenaires industriels. Je ne comprends toujours pas pourquoi une soirée pochtronne en costume et robe de soirée offre une marque de prestige, alors qu’il serait si simple aux entreprises de venir constater la qualité du travail effectué dans les laboratoires pour retenir une image de compétences et de rigueur. Ainsi, depuis l’entrée dans mon ancienne école, j’ai multiplié les provocations en refusant d’abord l’achat du tailleur réglementaire (trop moche !), puis en séchant les heures allouées à la préparation des galas et autres manifestations destinées à la communication externe. Par conséquent, la hiérarchie appréciait peu mon sens de la contestation. D’ailleurs, je me suis même permise la veille de l’obtention de mon Master’s grade de critiquer l’ensemble de l’équipe pédagogique devant trois DRH de grandes entreprises françaises ce qui fit grand bruit et qui m’a valu un rappel à l’ordre. J’ai donc décidé de venir à la grande cérémonie de remise des diplômes en jeans basket pour bien montrer mon désaccord avec ces mondanités ridicules. Mais revenons-en au sujet principal : les réseaux. Je ne favoriserai jamais un ancien élève de mon institution juste parce qu’il a effectué le même cursus que moi. De même, je ne me permettrai jamais de contacter un ancien pour lui demander un coup de pouce … je trouve la démarche impolie, carriériste et trop facile. Toutefois, j’ai déjà aidé et coopter certains de mes binômes parce que je connais leurs compétences et que je sais qu’ils seront des partenaires de confiance. Par contre, si mon superviseur reçoit le CV de vieux collègues et que je les trouve mauvais, je le dis sans retenu et m’oppose à leur embauche, il faut savoir rester honnête (ndlr pour TPhosphore : il n’empêche qu’il ne faut jamais descendre un ancien camarade de classe lors de son entretien d’embauche, la solidarité est une qualité recherchée par les employeurs !).
Pour l’obtention de promotions rapides, un autre cercle prestigieux se nomme la franc-maçonnerie. Plusieurs membres de ma famille éloignée en font partis et se rendent ainsi à des réunions « privées ». Je m’interroge sur les pratiques de ce genre d’associations de personnes mais l’accession à des postes privilégiés en semble grandement favorisée, notamment dans le secteur public (police, pompiers, fonctionnariat). J’ai certainement tort de rejeter catégoriquement ce type de pratiques mais ma carrière ne repose que sur ma motivation et mon savoir-faire et je suis fière de ne pas céder à la facilité et de refuser de pénétrer dans le petit monde sélectif des rois du cirage de pompes. Vive le non-conformisme !