Economie : Fusion de Gaz de France et Suez, mais de qui se moque-t-on ?

Au cours du week-end, notre bien-aimé gouvernement de droite a décidé tout d’un coup, en douce et de façon précipitée de fusionner les deux groupes, sans mettre les employés au courant. Quel est l’objectif annoncé : créer un grand acteur énergétique, de dimension mondiale, pour
Seulement, nos ministres possèdent des petits neurones qui vont très vite et Mr de Villepin a dû crier « Eureka » lorsqu’il a pondu l’idée géniale de mettre Gaz de France dans le coup. Effectivement, cette petite boîte commençait à devenir pesante, surtout avec l’ouverture des marchés aux particuliers dès 2007. Si on s’en débarrassait l’air de rien ? Pas vu pas pris … Toutefois, l’Etat reste pour le moment actionnaire de GDF à 80.2% et la loi limite à 30% la part du privé dans l’entreprise publique si bien que le gouvernement projette tout bêtement le vote d’un nouveau texte afin de contourner ce petit aléa de parcours. Avec cette stratégie rocambolesque, le premier ministre s’assure de préserver Suez de ses « ennemis » italiens et surtout de privatiser sans le dire une entreprise de service public qui se porte bien. Je considère l’énergie comme un domaine stratégique et je trouve lamentable que des intérêts privés puissent être susceptibles de le contrôler. Plusieurs secteurs demeurent vitaux pour un citoyen français : l’eau, l’énergie, les transports et la santé. Ils doivent être gérés et contrôlés par le secteur public ! Trouvez-vous normal de payer votre facture d’eau à
L’impératif d’ouverture du marché énergétique à la concurrence n’implique pas l’obligation de privatiser, une entreprise publique peut rester en concurrence avec des sociétés privées, d’ailleurs le principe de concurrence ne bénéficie pas toujours au consommateur, il s’accompagne souvent d’une montée des prix incompréhensible. La méthode employée par nos hauts fonctionnaires pour changer les statuts de Gaz de France s’harmonise parfaitement avec l’adjectif ignoble et j’espère que la réponse de tous les syndicats sera à la hauteur du mépris ressenti par les employés et de l’hypocrisie de technocrates non élus par le peuple. Je ne supporte plus le manque de courage politique et je sais que cet épisode restera ancré dans mon cerveau lorsque je me rendrai dans l’isoloir au printemps 2007.
Vous allez peut-être me rétorquer en commentaire que ma vision semble subjective et vous aurez parfaitement raison. J’ai travaillé dans le passé pour EDF et Gaz de France et cette expérience reste un de mes meilleurs souvenirs professionnels. J’étais en charge de la relève des compteurs avec mon joli uniforme bleu schtroumpf, je me rendais au domicile des clients et cette gestion du contact s’est révélée très enrichissante. Par ailleurs, j’y ai côtoyé de très bons professionnels, compétents, humains aux salaires modestes et ces personnes ne méritent pas l’éventualité d’un futur plan social, habituelle finalité des fusions génératrices de doublons.