Le salon de lanti-culture

Tous les ans à la même époque se déroule le salon le plus ridicule de l’hexagone. Vous collectez le plus beau bétail de France, vous rajoutez les animaux de la basse-cour, vous transportez le tout porte de Versailles à Paris et le salon de l’agriculture peut ouvrir ses portes. Une telle manifestation annuelle demeure véritablement essentielle pour éduquer nos chers parisiens qui n’ont apparemment jamais vu une vache de leur vie : « Ah la belle croupe ! », « C’est de là que vient le lait ? Moi je croyais qu’il sortait de briques en carton ». Incroyable, les urbains découvrent qu’au-delà des tours de
Toutefois, il y a encore pire que les parigots (je vais encore me faire des amis aujourd’hui … je précise que mon numéro de sécurité sociale commence par 2 80 04 75), il existe une race supérieure vivant en marge de la populasse, j’ai nommé les hommes politiques. Chaque année, ils nous ressortent le même numéro : ils caressent le cul des vaches, font un gros bisou aux cochons et mangent (puis recrachent en cachette) une infinité de bons produits du terroir tellement gras que la chemise sort du pantalon à la fin de l’exercice de communication. Notons une belle innovation pour l’édition 2006 en la présence de ce cher Dominique de Villepin qui visiblement possède plus de facilités à titiller G.W Bush aux congrès de l’ONU à New York qu’à serrer les mains des gueux traînant dans la bouse. Il faut vraiment souffrir pour apparaître en futur présidentiable !
L’objectif du salon de l’agriculture consiste en réalité à montrer aux citadins une image d’Épinal d’un secteur primaire gravement touché par la crise. La ménagère qui achète son poulet steack en supermarché ne verra dans cette manifestation qu’une vérité truquée qui l’arrange, elle risquerait de perdre l’appétit si elle devait assister au gavage des oies en Dordogne ou bien supporter l’odeur et la vision de volailles élevées en batterie. Finalement, j’en viendrais même à me demander si le salon n’est pas considéré aujourd’hui par les bourgeois comme un zoo dans lequel les animaux exposés ne sont pas les veaux, vaches, cochons (adieu !) mais plutôt les agriculteurs, symboles d’une profession oubliée et vitrine d’une France nostalgique du passé. Vivement le salon de l’érotisme, le thème m’inspire beaucoup plus !