Vive la France !

Je crois que je ne pourrais pas partir vivre à l’étranger pour une longue durée, le rêve américain ne constitue pas un Eldorado pour moi. Déjà, lorsqu’en voiture je dépasse Ventimille (à la frontière italienne) je commence à ressentir le mal du pays, alors m’exiler à plusieurs milliers de kilomètres de ma chère Patrie me fendrait le coeur. Admettons que j’accepte un job à Los Angeles en expatriation pour quelques années. Cela implique tout de même de construire sa vie là-bas, adopter les coutumes des autochtones pour bien s’intégrer à la population locale, maîtriser à la fois l’anglais et l’espagnol parfaitement, et puis éventuellement se mettre en ménage avec un Américain. Comment ensuite envisager le retour sur ma Terre natale sans séparation et déchirure sentimentale ? Vous imaginez si j’ai des enfants avec un Américain, il va falloir que je leur donne des prénoms à la con du style Brian, Bill ou Linsey, ils seront éduqués selon un modèle qui ne me convient pas et grâce à cette courte réflexion je me rend compte de la difficulté d’intégration des étrangers qui viennent s’établir en France. Abandonner sa culture dans un souci d’assimilation s’inscrit dans un véritable sacrifice et dans le deuil d’une partie de soi. Donc c’est décidé, je vais rester dans mon beau pays parce que les buildings de New York ne me font pas rêver, le climat de Québec me fait frissonner, la vodka russe me fait m’enivrer, la pluie londonienne me rend toute mouillée, la nuie finlandaise me fait déprimer et la turista indienne me fait déféquer.
J’aime profondément la France et pour rien au monde je voudrais la quitter. J’aime la France pour l’odeur des croissants chauds le matin devant la boulangerie, j’aime la France pour les petits troquets de province et leurs piliers de comptoir, j’aime la France pour son climat tempéré et la diversité de ses paysages, j’aime la France pour la beauté de la langue française, j’aime la France pour les frissons provoqués par l’écoute de la Marseillaise lorsqu’un sportif remporte une victoire, j’aime la France pour le parfum diffusé par les champs de lavande en Provence, j’aime la France pour l’exubérance des Marseillais, j’aime la France pour ses côtes normandes, j’aime la France pour ses ports bretons, j’aime la France pour ses joueurs de boules à l’ombre des platanes, j’aime la France pour la liberté de se mettre seins nus sur les plages, j’aime la France pour son french kiss, j’aime la France pour son art gastronomique, j’aime la France pour sa sécurité sociale, j’aime la France pour la Révolution de 1789, j’aime la France pour ses valeurs « Liberté, égalité, fraternité », j’aime la France pour ses philosophes et ses écrivains de talent, j’aime la France pour ses musées prestigieux, j’aime la France pour ses châteaux Renaissance, j’aime la France pour son image de luxe, j’aime la France pour sa diversité, j’aime la France pour son drapeau tricolore, j’aime la France pour l’indépendance de l’église et de l’Etat, j’aime la France pour son patrimoine culturel, j’aime la France pour sa Tour Eiffel dont l’éloignement prolongé me rend triste, j’aime la France pour la douceur de la Méditerranée en plein été, j’aime la France pour son suffrage universel, j’aime la France pour ses DOM-TOM où il fait bon vivre pendant deux semaines de vacances, j’aime la France pour sa loi sur la laïcité, j’aime la France quand elle s’implique dans le projet Ariane ou quand elle vend des A380, j’aime la France lorsqu’elle remporte la coupe du monde de football, j’aime la France tous les jours, à chaque instant au plus profond de moi. Je me sens redevable envers l’Etat français d’avoir financé mes études pendant tant d’années sans rien me demander en retour, de m’avoir octroyée une bourse pour que je puisse vivre décemment. Je n’ai qu’une chose à dire : Vive