La maladie

Publié le par Mel

Je n’ai pas trop l’habitude de réaliser ce genre de posts tristes et intimistes mais un blog sert aussi à exprimer ses états d’âme, j’en ai un, j’en profite. Depuis ma plus tendre enfance j’estime avoir bénéficié d’une belle existence et de tout faire pour évoluer vers un avenir radieux. J’ai toujours été considérée comme une fille honnête, gentille, ouverte, plutôt jolie, bonne élève et égoïste autonome (… modeste aussi, oui oui ! J). J’ai très vite eu conscience (en primaire) qu’aller à l’école représentait une chance et qu’il fallait obtenir les meilleurs résultats scolaires possibles pour atteindre la vie d’adulte dont on rêve. Ainsi, j’ai essayé d’appliquer le mode d’emploi à la lettre, j’ai suivi les règles et chaque jour de ma vie je pouvais dire : « je suis heureuse de mon sort ! ». Puis, les années se sont écoulées dans la joie et la bonne humeur, et une fois sortie de l’adolescence, je pensais naïvement posséder toutes les cartes en main pour m’offrir une destinée prometteuse. Seulement, quand tout va à peu près bien dans votre vie, vous ne vous rendez pas compte de votre chance. Malheureusement, un jour de janvier 2004, j’ai constaté que mon corps ne réagissait plus normalement. J’ai alors consulté plusieurs médecins incapables de trouver la cause de mes maux. Aussi, me suis-je investie en effectuant une recherche détaillée sur mes symptômes grâce aux sites Internet médicaux, j’ai établi un diagnostic précis et je me suis rendue chez un spécialiste, étonné de la réalité de mes conclusions. Il a hoché lentement la tête et confirmé mes craintes : je suis atteinte de xxxx, une maladie incurable et évolutive. Quel coup de massue ! Vous passez toute votre jeunesse à travailler intensément pour préparer le futur et à 23 ans, le destin décide de changer la donne en plaçant des obstacles infranchissables sur le long fleuve, jusqu’alors trop tranquille, de vos quotidiens. Cette maladie, je ne l’ai pas « méritée », ce n’est pas un virus, ça ne se transmet pas, on naît avec et puis un jour, elle se déclare doucement, sans prévenir, insidieusement et durablement.

 

Que faire ? Comment espérer, alors qu’il n’existe aucun traitement ? Je sais qu’au fil du temps, mon corps va subir des transformations, je m’en rend déjà compte même si j’arrive encore à les masquer, temporairement. J’ai surtout peur du rejet, du regard des autres, je déteste tellement ce mal qui grandit en moi. Pour le moment, « tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes » comme je le répète régulièrement: bon job, bon salaire, bon amant, je contrôle encore mon image, j’ai l’air forte, optimiste, décidée, respectée, sûre de moi … mais en réalité, je sombre dans un gouffre infini : le plus dur sera la chute. Ainsi, je deviens vraiment asociale afin de préserver mon entourage de ma déchéance annoncée, mais aussi pour me préparer à la solitude. Je veux m’épargner la douleur de la mise à l’écart. Comment pourrait-on m’aimer alors que je n’accepte pas cette inconnue qui se reflètera demain dans mon miroir ? Comment va-t-on me considérer dans les mois et les années à venir ? Comment supporter la pitié puis le dégoût dans les yeux de mes pairs ? Peut-être que je vais perdre mon boulot, mes amis, ma famille, mon envie de vivre. Ma mère est déjà morte d’une maladie très rare et très grave, et je connais la difficulté de (sur)vivre avec cette peine capitale. Bien sûr, des gens bien intentionnés m’ont proposé différents remèdes comme la médecine chinoise, les magnétiseurs mais je crois que je dois faire le deuil de mon passé, plus rien ne sera comme avant, ma vie n’est plus orientée par une ligne directrice, elle part en vrille.

 

Que vous soyez au chômage, en rupture sentimentale, dans la misère, existez à fond tant que la santé ne vous lâche pas : « Vivez si m’en croyez, n’attendez à demain, cueillez dès aujourd’hui les roses de la vie ! » Vous ne pouvez pas imaginer la difficulté de se lever tous les matins en espérant avoir cauchemardé ! Mais non, l’enfer c’est la réalité. Voila, vous connaissiez la Mel provocante, la Mel aigrie, la Mel coquine et maintenant je vous laisse entrevoir la Mel « ô drâme ô désespoir » ! A bientôt, je ne souhaite pas en dire plus sur ce sujet, je vais sécher mes larmes, essuyer mon clavier et ça ira mieux, j’espère.

 

Publicité

Publié dans Moi

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
C
Au fil de mes lectures, je tombe sur cet article. Eh oui, encore un autre visage de Mél.<br /> Mais pas celui "ô rage, ô désespoir", non, un visage réaliste, plutôt. Nous ne sommes pas égaux devant la vie. La maladie est l'une de ces injustices.<br /> Vivre ce corps qui se transforme, c'est dur. Subir le regard des autres, tantôt compatissant, tantôt indifférent pour ne pas avoir à penser qu'un jour ou l'autre, ça peut nous arriver, c'est dur.<br /> Les gens bien portants diront qu'il faut se battre. Mais quand le corps ne va pas bien, l'esprit ne va pas bien de pair.<br /> J'ai une amie qui est morte en quatre mois d'un cancer du cerveau, à l'âge de 24 ans. J'ai accompagné des malades à Lourdes. Ces personnes, cette amie surtout, m'ont donné envie de me battre, moi. Pour ne pas m'appitoyer, pour ne pas changer mon regard. Lapalissade, certes, mais tant qu'elle n'était pas morte, cette amie était vivante. Et j'ai voulu l'aider pour qu'elle le reste jusqu'au bout.<br /> Courage.
Répondre
M
Moi je n'ai pas de cancer, c'est beaucoup moins grave, mais cela va m'handicaper ma vie entiere, et de plus en plus. Tant que le regard des gens est compatissant ou indifferent, ca va, le probleme ce sont les regards de peur, le regards aggressifs ...<br /> Il faut se battre mais c'est fatiguant, ca me bouffe mes loisirs, 3 heures dans chaque journee, ma confiance en moi, ca me bouffe !<br /> Merci
C
Je n'ai pas lu l'ensemble des commentaires suite à ce texte touchant. Je ne peux qu'espérer pour toi que la médecine fasse de grandes découvertes qui permettront de moins souffrir de cette maladie ! Ce doit être dur de découvrir qu'on est atteint d'un mal incurable à un âge comme le nôtre, mais au lieu de te préparer au rejet des autres, je pense qu'il faut au contraire s'appuyer sur ton entourage proche, les gens en qui tu as confiance, qui seront toujours là, que ça aille bien ou que ça aille mal...
Répondre
M
Oui c'est dur, on se dit que c'est vraiment injuste et ça fait vraiment relativiser par rapport aux problèmes du quotidien. Merci pour ton message !
M
Merci pour ces mots.<br />
Répondre
M
Je t'en prie, ce n'est que ce que je ressents.
S
Quand j'ai lu cet article, je n'ai pas osé écrire un commentaire, tellement ça m'a attristé. <br /> ça m'attriste parce que tu es jeune, dynamique, et certainement pleine d'autres qualités, mais surtout parce que personne ne mérite ça. Je comprends mieux maintenant le post sur le suicide...<br /> Toujours est-il que ce n'est pas une raison pour baisser les bras, pour tourner le dos à la vie, d'autant plus que le moral joue un rôle déterminant dans la maladie. La vie n'est pas toujours rose, tu le sais bien, mais ce n'est pas une raison pour te laisser aller. Il faut serrer les dents et penser aux gens qui t'aiment et qui n'aimeraient pas te voir au fond du gouffre...<br /> Je te souhaite plein de courage et du bonheur, du fond du coeur.
Répondre
M
Merci, en ce moment le moral est difficile a maintenir ...  ;-)
A
bonjour<br /> Je suis également atteinte d'une maladie rare qui m'est tombée dessus et a foutu ma vie en l'air.Je suis narcoleptique et ça jusqu'à la fin de mes jours.Je suis traitée avec des amphétamines qui me détruiront petit à petit.
Répondre
M
Ah oui, on en parle de plus en plus de cette maladie notamment au cinema. C'est quand tu perds la memoire non ? Bon courage en tout cas !