La vie du blog
Qu’est-ce qui m’a poussée à créer mon blog ? Je ne sais pas vraiment, sans doute un peu de désoeuvrement et j’ai foncé pour inventer un défouloir qui me ressemble. Je n’avais quasiment jamais fréquenté la blogosphère et je ne savais même pas de quoi j’allais parler. C’était surtout l’occasion d’écrire des articles sur ma vie et sur l’actualité, parce que je ne supportais plus de crier toute seule, comme une folle, devant mon poste de télévision lorsqu’un débat politique tournait au carnage. C’est sûr, je m’emporte assez facilement sur beaucoup de sujets : racisme, chômage, politique, économie … alors j’ai voulu tester si d’autres personnes pouvaient être susceptibles de lire mon jugement et d’y adhérer. Et je dois dire qu’à mon grand étonnement, le blog fonctionne plutôt bien. Au départ, seule une dizaine d’internautes perdus se baladaient sur melmoi et puis avec le temps, certains reviennent régulièrement et deviennent des habitués. Ils laissent des commentaires, on partage nos impressions, nos humeurs et puis on apprend un peu à se découvrir. Les visiteurs réguliers tournent beaucoup, environ toutes les deux ou trois semaines. Lorsqu’ils découvrent le blog, ils peuvent aller jusqu’à poster dix fois par jour puis ça diminue au fur et à mesure du temps et un beau matin je n’ai plus de nouvelles, je me sens un peu abandonnée (he oui, je m’attache facilement …). Je ne sais même pas s’ils lisent toujours, s’ils n’apprécient plus ou si une de mes paroles leur a déplu. Récemment, chez Nina, j’ai découvert les quelques lignes suivantes, écrites par Corentin (un lecteur), au milieu de centaines de commentaires :
« a part ca j'ai essayé de recruter un peu pour les miss.... genre mel de chez melmoi.... ca reponse a été tellement seche que je suis finalement content qu'elle ne participe pas. je vai pas cracher sur elle dans son dos ca ne se fait pas mais j'ai ete un peu decu... tan pis. J'irai recruter ailleurs! Et faites en autant! »
Je ne savais pas pourquoi Corentin ne me laissait plus de messages, je ne me souviens même pas avoir été sèche mais le gars voulait absolument que je participe à un concours de Miss et je n’ai pas l’habitude de me laisser marcher sur les pieds. Toujours est-il qu’au lieu de me préciser que ma réponse l’avait choqué, il a laissé couler sans rien me dire. J’aime bien savoir ce que vous devenez, les sujets que vous n’appréciez pas, comment se passe votre vie. Je veux un lieu d’échange où il est bon de se détendre, de se chamailler ou de se consoler : un cocon on-line. L’inconvénient de cet espace personnel réside dans le fait que je me prends évidemment au jeu, j’adore les statistiques, je ne m’en cache pas et lorsque j’observe qu’en peu de temps mon nombre de pages visitées quotidiennement tourne autour des 2000-3000, j’ai un peu le complexe de la feuille blanche. Tous les jours je me démène pour essayer d’écrire un article potable, je ne souhaite pas décevoir ma « clientèle » (peut-être devrais-je dire mes patients, ou bien mes psys, c’est moi qui suit une thérapie grâce à vous). Ainsi, je fais monter la pression toute seule et j’ai souvent honte de la médiocrité de mes textes (comme aujourd’hui …). Pourtant ce n’est qu’un petit espace virtuel … je dois rester zen, oui, mais c’est le mien et il symbolise ma présence physique sur le web, je me dois d’être à la hauteur ! Ce n’est pas le nombre de visites journalières qui compte, ni même le design ou la nouvelle bannière, cela ne reflètent pas la qualité du site. L’essentiel pour moi consiste à faire passer mes émotions, à écrire avec mes tripes et surtout à faire chier le monde en donnant un avis tranché sur tout. L’exercice d’écriture me rapproche un peu du métier de journaliste dont je rêvais au lycée et j’essaye de diversifier les thèmes le plus possible, parce que je veux tout savoir, tout connaître, tout étudier et surtout vous le faire partager.
Le principal danger du blog consiste à passer l’essentiel de son temps disponible pour l’enrichir. Effectivement, publier un post par jour en travaillant et en gardant un vie privée relève du véritable challenge. Dès que je vois ou j’entends dans les médias un thème qui m’interpelle, je le note. Malheureusement, une fois l’inspiration passée, si je traite le sujet quelques jours plus tard, mes doigts ne trouvent plus les lettres sur le clavier et je renonce péniblement à la rédaction de cette information. Toutefois, je n’aurais jamais cru m’impliquer autant dans la composition de cet espace, et je reste surprise de la facilité à dévoiler aussi impudiquement beaucoup de mes pensées les plus intimes. J’ai ressenti un réel apaisement lorsque j’ai lâché ma souffrance sur ma maladie et je tiens d’ailleurs, par l’intermédiaire de ce billet narcissique, à vous remercier tous chaleureusement pour vos messages d’encouragement. Dans ce lieu, vous apprenez des choses sur moi, certainement beaucoup plus que si vous me rencontriez en chair et en os, et si j’essaye de contrôler les informations personnelles que je diffuse, c’est de plus en plus difficile … je ne peux presque plus rien vous cacher ! Je vous aime chers lecteurs et lectrices …