Je hais les touristes !

Publié le par Mel

Lorsque vous arrivez sur la Côte d’Azur, vos yeux s’ouvrent grands pour admirer tous les contrastes de cette magnifique région. Vous découvrez de petites rivières aux belles teintes vertes et aux sons mélodieux, de petits villages médiévaux avec château fort, mais aussi des constructions de bord de mer, des marinas, des golfs, du sable, des galets, des cigales qui chantonnent, la prom’, la Croisette , des palaces de rêves, des casinos, la Nationale 7, … la MER. J ’adore la Méditerranée. Bien sûr, elle ne possède pas le parfum iodé de la Manche ou de l’Atlantique, ni les marées qui découvrent la terre sur plusieurs kilomètres, mais la Méditerranée a une saveur particulière, elle est le fruit salé d’un savant mélange de calme, de chaleur, de soleil, de voiliers blancs, et de dépaysement. Tous les matins, je croise son regard bleu, inconsciemment, je n’y fais même plus attention, mais je sais qu’elle est là, j’entends son remous et le cri des mouettes qui me disent bonjour. Quand vient l’été, ce petit paradis façonné par la nature et civilisé par les hommes, s’avère souillé par un peuple de barbares issu du monde entier : les enfoirés de touristes !

 

 

C’est parti ! Nous sommes début mai et la saison commence. Les vacanciers ont débarqué pour les vacances de Pâques avec caravane, mioches, belle-mère, chien, glacière, tongues, bikinis, strings, et crème solaire. C’est affreux, ils se croient chez eux, envahissent nos routes, nos magasins, nos restaurants et nos plages. Du jour au lendemain, il devient impossible de circuler, la durée des trajets quotidiens se multiplie par 3, la chaleur tape fort sur le capot de ma voiture et mon esprit s’échauffe. Je fais des cauchemars en imaginant des plaques d’immatriculation 75, 78, 91, 92, 93, 94, 95 qui bouchent mon horizon, elles me polluent mon air pur et ma bonne humeur ( heu ?).

 

 

Par ailleurs, l’augmentation du trafic routier n’est rien en comparaison à l’envahissement dans les supermarchés. Samedi dernier, je décide vers 18h00 de faire mon plein hebdomadaire de denrées alimentaires indispensables à ma survie, et catastrophe ! Pas une place sur le parking, rien, nada, pas l’once d’un cm² de bitume. Je suis donc dans l’obligation de me garer à trois bornes, de marcher pour enfin découvrir que tous les chariots sont utilisés, plus rien à perte de vue. Devant la porte du magasin, la crise d’angoisse monte, monte, monte, insidieusement : les allées semblent saturées, les étalages pris d’assaut, et tout cela se passe dans un calme étonnant. En effet, le touriste est zen car lui il est en vacances, il a tout son temps, il déambule joyeusement, doucement, devant les produits régionaux. A noter que même dans une grande enseigne nationale, le touriste a l’impression d’être dépaysé lorsqu’il vient faire les courses, il achète des épices de Provence, du savon de Marseille et de la salade niçoise comme si ces denrées étaient inexistantes sur le reste du territoire. Dans la file d’attente destinée aux caisses, le touriste se rend toujours compte au dernier moment qu’il a malencontreusement oublié d’acheter la moitié de sa liste de commissions. Ainsi envoie-t-il toute sa petite marmaille à l’assaut d’un labyrinthe géant de rayons alimentaires tandis qu’il se permet sans complexe de faire patienter 60 personnes en sifflotant l’air de rien et surtout en dévorant le décolleté plongeant de la jolie caissière qui, tout en mâchant bruyamment son chewing-gum rose, regarde sa montre pour ne pas rater sa pause syndicale de 15 minutes. Je demande solennellement aux directeurs de grandes surfaces de créer des caisses réservées 06 ! Je ne rigole pas, le touriste subit cette foule deux semaines par an, il s’en fout, ça l’occupe et cette activité le change de passer le cul à l’air toute la journée dans le sable, mais nous, pauvres autochtones azuréens, subissons ce supplice quatre mois par an.

 

 

Quels sont mes critères pour reconnaître un touriste de loin ? Trop facile ! Il porte un bon gros short, des belles chaussettes blanches dans des tennis flambants neuves (ou alors des tongues s’il revient de la plage), un gros bob Perrier car le soleil tape dur même dans les magasins (on n’est jamais trop prudent), des belles lunettes noires contrefaites troquées à un vendeur ambulant, mais surtout il paraît blanc comme un cachet d’aspirine (ou rouge comme un homard, surtout pour les rousses), il traîne continuellement avec sa petite famille, il a 2 de tension, et avant tout il est fier. Oui, oui, le touriste est exagérément fier car il a la fâcheuse impression que la survie de la Côte dépend de son seul pouvoir d’achat alors il attend du respect, de la reconnaissance des pauvres habitants du coin qu’il juge sous-développés … Nous ne sommes que de pauvres provinciaux ignorants et dépourvus de culture, qui nous pavanons toute l’année sur des transats et dont le salaire dépend de la gentillesse du Parisien en congés … Pffff.

 

 

Autre fait extrêmement surprenant durant la pleine saison : les prix grimpent aussi vite que le mercure d’un thermomètre exposé à l’astre solaire en pleine après-midi de juillet. Tout à coup, vers la Pentecôte , l’exode héliotropique provoque une véritable flambée des tarifs sur le littoral, aussi bien pour les fruits, les légumes, que pour les restaurants ou autre parc d’attraction. Mon melon coûte donc plus cher qu’à Brest alors qu’il a été cultivé par Robert, agriculteur dans le département. Toutefois, le touriste s’en moque une fois de plus, il vient pour « claquer », jouer les beaux gosses alors que le résident se mord les doigts d’une facture estivale indigeste. Vous allez me répliquer que j’exagère un peu, qu’il existe toutes sortes de touristes, allant de l’italien fortuné et bronzé au volant de sa Ferrari au beauf dégarni se trimbalant à travers tout le camping avec son rouleau de PQ rose (marron pour les vrais ringards !). C’est vrai mais je crois finalement que celui qui me dérange le plus prend les traits d’un pollueur égoïste qui se permet de jeter ses paquets de cigarettes par la fenêtre de sa voiture, qui laisse les détritus de son pique-nique dans le sable avec ce petit sourire supérieur du banlieusard prétentieux et arrogant. Enfin, je crois que cet été je vais partir me ressourcer en Bretagne pour profiter un peu de l’air frais et de la pluie ! Ca dépayse.

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R
J'adôôôôôôôôôôôre la mer
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M
Moi aussi.
M
bonjour Mel j'ai lu à 2 reprises chez Miss papier chiffon que tu arrêtais ton blog comme je n'avais pas vu de post à ce sujet je suis donc revenue et ai lu, grace à la remarque d'un lecteur, ton petit encart vert. J'espère que ton traitement ne sera pas trop contraignant et que cette pause ne ressemblera pas à un départ définitif. Bisous et bon DS sevrage ;-)
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M
Salut Maylis. Cette pause sera parsemée de quelques posts je pense, j'écris si j'ai envie et je casse le rythme quotidien. Par conséquent, je ne crois pas au départ définitif. D'ailleurs, mon petit doigt me dit que je pourrais poster un article dans pas très longtemps ...<br /> PS : je parlais de mon sevrage face à l'écriture de mon blog ... mais la phrase est effectivement ambiguë.<br /> Bisous Maylis et à bientôt.
S
Mel/ Xav...tu ne serais pas en train de te donner à un exercice schizophrene extrêment dangereux ????????? ( cf poisson d'Avril )
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M
Ah non, ce Xavier là n'a rien à voir avec le poisson d'avril, c'est un vrai lecteur ... je ne m'écris pas des commentaires où j'insulte les gens. lol
S
Future jet-setteuse !!! je dois me faire refaire le nez avant......:-))))<br />
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M
Ca y est ! Elle va encore nous trouver un autre complexe ... personne ne regarde ton nez puisqu'ils sont tous occupés à scruter tes fesses ! ;-)
G
"Mon père va acheter un terrain à 1 heure de chez moi" C'est une bonne nouvelle ca :-) !<br /> <br /> Bon Lundi Mel, prend soin de toi :-)<br /> Bisoux<br /> <br /> la pensée du jour : C'est bien le Lundi férié sauf que t'as quand même le lundi soir le cafard du dimanche ^_^, pourtant c'est le Lundi ;-)<br /> <br />
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M
Tout à fait vrai cette citation ! lol<br /> Bisous