Je hais les touristes !

Lorsque vous arrivez sur
C’est parti ! Nous sommes début mai et la saison commence. Les vacanciers ont débarqué pour les vacances de Pâques avec caravane, mioches, belle-mère, chien, glacière, tongues, bikinis, strings, et crème solaire. C’est affreux, ils se croient chez eux, envahissent nos routes, nos magasins, nos restaurants et nos plages. Du jour au lendemain, il devient impossible de circuler, la durée des trajets quotidiens se multiplie par 3, la chaleur tape fort sur le capot de ma voiture et mon esprit s’échauffe. Je fais des cauchemars en imaginant des plaques d’immatriculation 75, 78, 91, 92, 93, 94, 95 qui bouchent mon horizon, elles me polluent mon air pur et ma bonne humeur ( heu ?).
Par ailleurs, l’augmentation du trafic routier n’est rien en comparaison à l’envahissement dans les supermarchés. Samedi dernier, je décide vers 18h00 de faire mon plein hebdomadaire de denrées alimentaires indispensables à ma survie, et catastrophe ! Pas une place sur le parking, rien, nada, pas l’once d’un cm² de bitume. Je suis donc dans l’obligation de me garer à trois bornes, de marcher pour enfin découvrir que tous les chariots sont utilisés, plus rien à perte de vue. Devant la porte du magasin, la crise d’angoisse monte, monte, monte, insidieusement : les allées semblent saturées, les étalages pris d’assaut, et tout cela se passe dans un calme étonnant. En effet, le touriste est zen car lui il est en vacances, il a tout son temps, il déambule joyeusement, doucement, devant les produits régionaux. A noter que même dans une grande enseigne nationale, le touriste a l’impression d’être dépaysé lorsqu’il vient faire les courses, il achète des épices de Provence, du savon de Marseille et de la salade niçoise comme si ces denrées étaient inexistantes sur le reste du territoire. Dans la file d’attente destinée aux caisses, le touriste se rend toujours compte au dernier moment qu’il a malencontreusement oublié d’acheter la moitié de sa liste de commissions. Ainsi envoie-t-il toute sa petite marmaille à l’assaut d’un labyrinthe géant de rayons alimentaires tandis qu’il se permet sans complexe de faire patienter 60 personnes en sifflotant l’air de rien et surtout en dévorant le décolleté plongeant de la jolie caissière qui, tout en mâchant bruyamment son chewing-gum rose, regarde sa montre pour ne pas rater sa pause syndicale de 15 minutes. Je demande solennellement aux directeurs de grandes surfaces de créer des caisses réservées 06 ! Je ne rigole pas, le touriste subit cette foule deux semaines par an, il s’en fout, ça l’occupe et cette activité le change de passer le cul à l’air toute la journée dans le sable, mais nous, pauvres autochtones azuréens, subissons ce supplice quatre mois par an.
Quels sont mes critères pour reconnaître un touriste de loin ? Trop facile ! Il porte un bon gros short, des belles chaussettes blanches dans des tennis flambants neuves (ou alors des tongues s’il revient de la plage), un gros bob Perrier car le soleil tape dur même dans les magasins (on n’est jamais trop prudent), des belles lunettes noires contrefaites troquées à un vendeur ambulant, mais surtout il paraît blanc comme un cachet d’aspirine (ou rouge comme un homard, surtout pour les rousses), il traîne continuellement avec sa petite famille, il a 2 de tension, et avant tout il est fier. Oui, oui, le touriste est exagérément fier car il a la fâcheuse impression que la survie de
Autre fait extrêmement surprenant durant la pleine saison : les prix grimpent aussi vite que le mercure d’un thermomètre exposé à l’astre solaire en pleine après-midi de juillet. Tout à coup, vers