Visite de Saint Paul de Vence
Après avoir traversé

puis il se rapproche et la magie opère, vous devinez même le dessin de ses remparts.


Le toucher rentre alors en action, votre main ne peut s’empêcher de caresser ces pierres massives, brutes, vieilles de cinq siècles sur lesquelles tant d’artistes sont venus flirter.

Bien sûr, n’espérez pas pénétrer le saint des saints en chevauchant fièrement une monture digne du troisième millénaire : Saint Paul reste une place fortifiée typique d’autrefois, et seuls les résidents ont le luxe de pouvoir y garer leur carriole. Par conséquent, vous choisissez un de ces parkings surtaxés à des kilomètres à la ronde, surtout si vous arrivez avant 11h du matin, après vous pouvez rentrer chez vous, c’est complet !
Le premier lieu que vous traversez se nomme le « café de la place », charmant petit établissement ombragé dans lequel le pastaga coule à flots et où le temps s’arrête l’instant d’une partie de boules. Les touristes japonais mitraillent les locaux avec leur appareil numérique et savourent la poésie de l’accent du sud-est.

Après le passage des remparts, vous découvrez un village typique du coin, conçu de ruelles minuscules et ombragées, de pavés et de bâtiments anciens. Le linge sèche aux bords des fenêtres, à l’italienne, et vous rafraîchit parfois tout en s’égouttant. Le nombre de galeries d’arts ouvertes au mètre carré vous laisse de suite perplexe : il existe plus de tableaux à Saint Paul que d’habitants et vu le prix des résidences, tous les heureux propriétaires appartiennent sûrement à la catégorie « artistes à la mode ».


Saint Paul se résume à un mélange de saveurs, à la fois l’histoire et la conservation d’un magnifique patrimoine, la douceur de vivre azuréenne, la beauté de la vue, le terroir, et l’art. Bilan : c’est un village de bourgeois bohèmes en vacances, un petit bout de Paris dans un décor médiéval, chantant et convivial. Profitez de longer les remparts afin de vous imprégnez de la vue offerte et de savourer ces petits instants de plaisir.


Parfois, vous vous prenez à rêver de l’acquisition d’une de ces maisons anciennes, accessibles par de tout petits passages où les enfants dévalent à fière allure pour se rafraîchir dans la fontaine d’eau potable.

Imaginez la joie d’ouvrir les volets chaque matin pour contempler l’horizon !
Même le cimetière est heureux, calme, en paix, entouré d’une végétation luxuriante et semblant déjouer les lois de la gravitation pour rester en équilibre au dessus du vide.

Ces tombes me donnent le sourire, Chagal doit y demeurer en paix. N’hésitez pas à emprunter quelques chemins détournés



pour atteindre votre objectif initial : le cocher de Saint Paul bien sûr ! En fait, on en dénombre deux, le principal qu’on observe de loin et le secondaire un peu plus petit.



Comme moi, vous pouvez même oser entrer doucement dans l’église, vous asseoir et fermer les yeux quelques instants pour profiter de quelques grammes de sérénité.

Je suis persuadée que vous quitterez Saint Paul de Vence avec le goût du bonheur, un brin nostalgique, tout du moins pensif.
