Les colocataires

« La coloc’, ça vous tente pour septembre les p’tits loups ? » Voilà une question qui fleurie en cette fin d’année scolaire (peu) printanière. La colocation est devenue tendance surtout depuis la hausse exponentielle des loyers de France et de Navarre. Les étudiants restent évidemment les principaux intéressés vu qu’ils dépensent déjà tout leur budget en picole et clopes, et puis partager un appartement favorise grandement rencontres amicales et coquines. Seulement, les actifs s’y mettent aussi, j’observe d’ailleurs la multiplication des annonces sur mon intranet, ils recherchent avant tout à retrouver une philosophie de vie basée sur le partage et les illusions de la jeunesse éternelle.
Pour ma part, j’ai toujours été une grande solitaire bordélique qui adore sa liberté, alors la colocation je la fuis absolument … Mon Dieu que j’aime me balader toute nue dans mon paisible appartement, mettre la musique à fond et m’empiffrer de cochonneries en en laissant partout ! Ces moments là, ça n’a pas de prix, pour tout le reste il y a mon voisin du dessus qui regarde par la fenêtre si j’oublie de tirer les rideaux ;-) Une seule, je dis bien une seule fois j’ai failli me mettre en colocation avec un copain (rien de sexuel). En fait, la scène se passe à la fin de ma deuxième année d’ingénieur. Je m’aperçois que, pour des raisons particulières, le bail ne m’autorise pas à louer mon adorable petit appartement pour seulement quelques mois l’année suivante. Or, ayant un stage de 6 mois à effectuer en cours de cursus, je serai dans l’obligation de déménager. J’en parle à un ami de ma promotion et nous décidons de nous lancer dans la difficile quête du plus beau toit de la ville … enfin … JE pars à la recherche des petites annonces, je veux avant tout passer directement par un particulier, les frais d’agence ne m’attirant pas des masses. Après maintes démarches pendant les examens, je déniche quelque chose qui me convient sur le papier. Je prends rendez-vous avec le propriétaire, je convie mon ami pour la visite et le jour J, je me retrouve seule, abandonnée comme une conne, devant la porte fermée, sous des litres d’eau glacée se déversant sur mes beaux cheveux tout juste lavés ! Grrrrr … Deux lapins le même jour, il faut le faire ! Les propriétaires n’ont jamais redonné signe de vie (pour la peine j’ai cramé leur maison) et mon charmant camarade avait bêtement oublié, trop occupé à lécher la glotte de sa copine. C’en était fini de mon premier (et dernier !) projet de colocation : j’ai gardé mon appartement, j’ai payé six mois de loyer sans y habiter mais finalement, je ne regrette pas vraiment.
Je crois que je ne peux pas vivre en communauté très longtemps, j’ai besoin de mon espace vital, si possible vaste et calme. Cet « état d’esprit » découle certainement de mon éducation : mes parents ont une maison assez spacieuse (
Décidément, je suis faite pour vivre seule, libre, pouvant zapper pendant des heures, me coucher quand bon me semble, accumuler des tonnes de moutons sous mon lit si je le veux. Une fois, j’ai fait la connerie de partir avec mon (petit) copain en vacances, dans les Landes. Nous avions loué un studio meublé (enfin, c’est encore bibi qui avait fait toutes les démarches) et une semaine l’un sur l’autre, c’est épuisant ! Il me sortait par les yeux, j’avais envie de le tuer à le regarder roupiller pendant des heures, à traîner dès le matin, à laisser la vaisselle s’accumuler dans l’évier et surtout à remonter la cuvette des chiottes et à les souiller de son odorante urine ! En plus, ce con avait eu la bonne idée de secouer une bouteille de Cidre avant d’en ôter le bouchon, résultat : un mur blanc devenu jaune et une caution envolée par un jet pétillant. Je n’ai jamais été aussi heureuse de retourner travailler après ça. Mon Dieu, qu’est-ce que j’aime vivre avec Moi, et personne d’autre ! ;-) C’est grave docteur ?