La discrimination raciale à lembauche

Voilà un phénomène que je ne comprends absolument pas. Mardi soir, à défaut de dîner en amoureux avec mon Valentin, j’ai visionné sur Arte un excellent reportage sur ce sujet et sur les solutions possibles. Cependant, l’enquête ne répond pas à la question : Pourquoi les DRH ont-ils peur d’embaucher des personnes d’origine étrangère ou des étrangers ? Les responsables des ressources humaines possèdent une solide culture générale, une bonne instruction, une bonne formation donc je pense que les stéréotypes n’ont aucun effet sur eux, alors quels critères les dérangent ? La couleur de peau ? Je n’y crois pas … Biologiquement parlant, la couleur se détermine uniquement par un gène, tout comme la couleur des yeux, des cheveux, la faculté de plier la langue en deux, l’épaisseur des poils, … Bref, je suis peut-être biologiquement plus proche d’une Sénégalaise que de ma voisine d’en face. C’est d’ailleurs pour cela que la notion de « race » n’existe pas pour l’être humain, il n’existe pas de race blanche, de race noire, de race jaune, …, nous ne sommes pas des chiens ! Ainsi, semblerait-il que les recruteurs cèdent à l’opinion générale qui stigmatise l’étranger comme un être dangereux : « les Polonais sont buveurs », « les Allemands sont disciplinés », « les Portugais sont travailleurs », « les Anglais sont snobs », « les Français puent », « les Italiens sont machistes », « les Suisses sont lents », « les caribéens sont fainéants », …
Je voudrais pouvoir comprendre les gens qui possèdent des a priori sur l’étranger, pas ceux qui votent Front National ou qui sont déjà ouvertement racistes (je ne peux plus en tirer quoi que ce soit …) mais le Français moyen qui se dit tolérant et qui utilise pourtant le terme de « bounioul » (j’en croise partout des comme ça). Personnellement, lorsque j’entame une conversation avec quelqu’un, je ne vois même pas sa couleur de peau, je n’y réfléchis même pas. Il faut dire que j’ai la chance d’évoluer dans un milieu professionnel très cosmopolite, j’ai travaillé ou je travaille quotidiennement avec des Tunisiens, Marocains, Italiens, Anglais, Israéliens, Bretons (c’est étranger ça ?), Allemands, Danois, Américains, Japonais, Chinois, Indiens, Espagnols, Irlandais, Serbes, Ukrainiens, et cette diversité apporte une réelle innovation. Bien sûr, suivant les pays nous n’avons pas tous la même formation, les mêmes méthodes et la même langue et ce multiculturalisme apporte une ouverture d’esprit, ainsi qu’un enrichissement personnel et professionnel. Evidemment, les femmes indiennes portent un rond rouge au milieu du front, les Allemands portent des sandales avec des chaussettes, les Chinois ont les yeux bridés … et alors ? Un de mes collègues (breton …) vient d’épouser une Japonaise qui a accouché le mois dernier et je ne trouve rien de plus beau qu’un petit métisse, symbole de l’union des peuples. A la rigueur, je comprends mieux la discrimination sociale (mais je m’y oppose !), et notamment la crainte des employeurs d’embaucher quelqu’un qui possède une « culture de banlieue ». Attention, n’allez pas croire que je stigmatise la banlieue, j’ai vécu 15 ans dans le Val d’Oise et 3 ans dans l’Essonne. Néanmoins, lorsqu’un candidat (blanc ou noir) se présente vêtu d’un jogging en parlant de façon agressive, je comprends qu’il ne soit pas retenu.
Par ailleurs, je m’oppose à la discrimination positive parce que ce mot « discrimination » m’irrite profondément et parce que cette méthode ne favorise pas l’évolution des mentalités. A quoi cela sert-il de créer le CV anonyme ? On va me répondre que les recruteurs sélectionnent en fonction de l’adresse (quel est l’intérêt ? moi je ne mets que mon adresse mail et mon téléphone sur mon CV), du nom et de la photo (je ne mets jamais ma photo non plus, on ne m’embauche pas pour ma « gueule » mais pour mes compétences et mon expérience). Si c’est le cas, la justice doit sanctionner. Je crois que la solution pourrait être de financer beaucoup plus les milieux modestes en terme d’éducation afin qu’il puissent passer les mêmes concours que les autres. En effet, je trouve qu’être admis prioritairement à Science Po en raison de sa provenance d’une ZEP reste dégradant, et il paraît anormal d’observer une telle disparité sur les taux de réussite au bac des différents lycées français. Résoudre ce problème de société consisterait en une avancée majeure pour la lutte pour l’égalité des chances (et contre le chômage).